Dernière modification le 08/04/2022 à 11:20

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2500 ans de passions électorales

Laurent Pernot

La fièvre des urnes, 2500 ans de passions électorales, 2022.

L’élection intègre depuis toujours des éléments de passion, et leur réglage est difficile : les observateurs vont toujours trouver les électeurs soit  trop désintéressés soit trop emportés.

Un rôle important de l’élection est d’ailleurs de constituer un exutoire, censé purger les passions.

Le candidat (de candidus, blanc éclatant, couleur de sa toge repassée de craie, pour bien se faire voir) est toujours ambitieux (ambitio signifie « campagne électorale »), avec les deux faces de l’ambitieux, pour la collectivité ou pour le succès lui-même. La réaction du candidat à une réélection peut être plus perverse, pour lui, parce qu’elle est une gifle plus grande quand il échoue ; et pour la collectivité, si le candidat interprète sa réélection comme un blanc-seing.

Les électeurs n’ont jamais aimé le mépris du candidat, comme le montre l’histoire de Coriolan, général romain victorieux qui doit être confirmé par le peuple de Rome, simple formalité. Sauf qu’il méprise le peuple, ce que révèlent des tribuns révèlent au peuple. Coriolan est banni.

Pour réfléchir au vote en ligne, il faut comprendre la règle de l’isoloir, l’insula ou « ile » en latin : il crée une mise en scène qui solennise le vote ; et il est aussi censé protéger l’indépendance de l’électeur dans son choix, en le coupant du reste de la collectivité. Sauf que l’électeur reste dépendant de tout ce qu’il porte en lui, de toutes ses appartenances. (Et que le développement de l’espace privé fait que l’électeur peut se sentir plus protégé chez lui que dans un bureau de vote.)

 

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