Dernière modification le 27 mai 2022

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santé mentale des jeunes

Une enquête aux USA (Matt Richtel) informe sur la santé mentale des jeunes

1.Ces problèmes subissent une importante mutation

Il y a trois décennies, les menaces les plus graves pour la santé publique des adolescents aux États-Unis provenaient de la consommation excessive d’alcool, de la conduite en état d’ébriété, des grossesses chez les adolescentes et du tabagisme. Celles-ci ont depuis fortement chuté, remplacées par un nouveau problème de santé publique : la flambée des taux de troubles de santé mentale.

En 2019, 13 % des adolescents ont déclaré avoir eu un épisode dépressif majeur, soit une augmentation de 60 % par rapport à 2007. Les visites aux urgences des enfants et des adolescents au cours de cette période ont également fortement augmenté pour l’anxiété, les troubles de l’humeur et l’automutilation. Et pour les personnes âgées de 10 à 24 ans, les taux de suicide, stables de 2000 à 2007, ont bondi de près de 60 % en 2018, selon les Centers for Disease Control and Prevention.

2. Quelles sont les raisons avancées?

Le problème est antérieur à la pandémie mais elle l’a probablement accentué. La crise est souvent attribuée à l’essor des médias sociaux, mais les données solides sur la question sont limitées. Des recherches fédérales montrent que les adolescents en tant que groupe dorment et font moins d’exercice et passent moins de temps en personne avec des amis – tous cruciaux pour un développement sain – à une période de la vie où il est typique de tester les limites et d’explorer son identité. Le résultat combiné pour certains adolescents est une sorte d’implosion cognitive : anxiété, dépression, comportements compulsifs, automutilation et même suicide. Au cours du siècle dernier, l’âge de début de la puberté a nettement baissé pour les filles, à 12 ans aujourd’hui contre 14 ans en 1990 ; la trajectoire semble  similaire chez les garçons. Des recherches fédérales montrent que 38 % des adolescents d’âge scolaire déclarent avoir eu au moins une relation sexuelle, contre environ 50 % en 1990.Une augmentation de la solitude est un facteur clé, selon les experts. Des études récentes ont montré que les adolescents aux États-Unis et dans le monde déclarent de plus en plus se sentir seuls.

En revanche, les experts de la santé notent que, malgré tout son poids, la crise des adolescents au moins se déroule dans un climat plus tolérant avec les parents.

3. Un  manque de structure pour accueillir ces jeunes

Il y a très peu de structures pour accueillir ces jeunes car cela ne relève ni des services de pédiatrie ni des services de psychiatrie adulte et les jeunes se retrouvent souvent plusieurs jours en services d’urgence à attendre une place en psychiatrie pour jeunes ce qui retarde le soin ou aggravent les troubles. Renvoyer le jeune chez lui est également très dangereux lorsque le risque suicidaire est important.

4. Et en  France?

Un récente (Avril 2022) article du monde sur le comportement suicidaire des jeunes francais conduit aux  mêmes conclusions : l’augmentation des gestes suicidaires se poursuit en 2022 chez les mineurs, principalement chez les filles. Une situation d’autant plus préoccupante que l’offre de soins est saturée.A l’hôpital Robert-Debré (AP-HP), par exemple,  « les tentatives de suicide ne cessent de monter, avec une augmentation de 25 % en janvier, février et mars 2022, par rapport à la même période de 2021 ». Face à cette augmentation de la souffrance, les services d’urgence pédopsychiatrique, déjà en tension auparavant, sont donc submergés. « Notre activité perd son sens. Nous sommes formés à évaluer en urgence un enfant. Mais à quoi ça sert s’il n’y a pas de suivi, pas de lit d’hospitalisation disponible, ni de rendez-vous pour une consultation », 

Quelques initiatives locales

D’autres structures d’urgence voient le jour, comme Atrap, dans le 20e arrondissement de Paris, financée par l’agence régionale de santé IledeFrance et destinée aux Parisiens de 1015 ans. Ceuxci sont reçus en urgence et se voient proposer des soins, sur la base d’un contrat court.

– renforcer l’adaptation aux jeunes du dispositif de suivi VigilanS, créé en 2015 dans les Hautsde
France.

Des actions pour éviter la contagion sont développées, avec des programmes comme
Papageno ou le développement de réseaux de sentinelles (personnes ressources dans
l’environnement des adolescents, par exemple dans le milieu scolaire, etc), qui consistent à
identifier les personnes à risque, les jeunes étant souvent peu enclins à demander de l’aide.

« La littérature s’accorde à souligner l’importance d’intervenir en milieu scolaire, d’abord en renforçant les compétences socioaffectives des enfants dès l’âge de 5 ou 6 ans, visant des effets à long terme, puis en ciblant spécifiquement les adolescents à risque », indique le troisième rapport de l’ONS. Une métaanalyse de 105 études publiée en octobre 2018 dans The Lancet a porté sur l’évaluation des stratégies de prévention du suicide chez les adolescents de 12 à 25 ans. « Ces actions montraient une réduction du risque de tentative de suicide », comme le rappelle la Haute Autorité de santé.

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