Dernière modification le 29 novembre 2021
immigration qualifiée, une note du CAE
L’immigration qualifiée
Un rapport du CAE (Conseil d’Analyse Economique, paru en novembre 2021, https://www.cae-eco.fr/limmigration-qualifiee-un-visa-pour-la-croissance) met en avant les bénéfices d’une immigration qualifiée et diversifiée, en matière d’innovation, d’entreprenariat, de circulation des savoirs productifs et de croissance de productivité.
Les recommandations faites par le CAE partent du constat que l’immigration en France est, comparativement à d’autres pays, peu qualifiée et peu diversifiée. Quant au débat sur l’immigration, il est focalisé sur les questions identitaires et sécuritaires, et laisse peu de place pour une réflexion plus profonde sur les enjeux économiques de l’immigration à plus long terme.
Pour dépasser ce statu quo, le CAE émet un certain nombre de recommandations pour promouvoir l’immigration qualifiée, en s’appuyant tout à la fois sur les apports de la recherche scientifique récente et sur l’expérience d’autres pays.
- Outre les préconisations pour le traitement numérique des demandes de visa pour les métiers dits « en tension » (manque d’effectifs nationaux), il propose également d’évaluer le dispositif actuellement mis en place « Passeport talent », afin de le rendre plus efficace, notamment en identifiant les pays présentant un excédent de jeunes diplômés, sous réserve de pouvoir évaluer la qualité des diplômes étrangers délivrés.
- Par ailleurs, le CAE conseille de renforcer l’attractivité du marché de l’emploi français, en facilitant notamment la transition études-emploi pour les étudiants étrangers les plus qualifiés, en attribuant un titre de séjour à l’issue des études réalisées en France, sans conditions de salaire.
- Enfin, le CAE prône une réforme de fond de la politique d’immigration et se prononce pour la mise en place d’un « système à points » tel qu’il est déjà développé dans certains pays, comme le Canada. Un tel modèle permet de quantifier le capital humain des candidats à l’immigration, en prenant en compte un certain nombre de critères, notamment les études, l’expérience, les compétences linguistiques, l’origine, mais aussi la capacité d’intégration jugée à travers une expérience préalable ou des liens familiaux en France.
Si les arguments fournis par le CAE peuvent se justifier d’un point de vue économique, on ne peut mettre de côté l’obstacle éthique que pose le problème d’une immigration choisie, qui plus est pour le pays des Droits de l’Homme. Le sujet mérite d’être débattu avec courage et lucidité.
