Dernière modification le 13 novembre 2021

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Immigrés pour toujours ? un rapport du Club des Vigilants

  • Un enfant d’immigré n’est pas un immigré

Le Club des Vigilants a publié un rapport intitulé “Immigrés pour toujours ?“. Ce rapport souligne que beaucoup continuent de considérer comme des “immigrés” les descendants d’immigrés de la seconde ou troisième génération. Cette conception est à la fois fausse et dangereuse. Pour être précis : une personne Immigrée, selon la définition adoptée par le haut conseil à l’intégration ”est une personne née étrangère à l’étranger”. La définition précise qu’elle “continue d’appartenir à la population immigrée même si elle devient française par acquisition“. Donc pour les statistiques, une personne immigrée va rester immigrée toute sa vie. Mais en règle générale ses enfants, petits-enfants, arrière-petits enfants sont descendants d’étrangers (terme utilisé dans la page jointe) mais ne sont généralement plus des étrangers (étant nés Français), et ne sont plus des immigrés.

 

  • Les principales conclusions du rapport

L’immigration non européenne est mal intégrée à la nation : une part très significative des jeunes descendants d’immigrés (les 2ème et 3ème générations), principalement d’origine maghrébine ne recherche pas cette intégration, préférant s’identifier à ce qu’elle croît être ses “racines”.
Ceux que l’on appelle les Français « de souche » manifestent majoritairement, en retour, de la défiance vis à vis de cette population.
Ce refus mutuel menace la cohésion sociale et favorise la montée des « extrêmes ».

Autant les débats sont nombreux sur l’immigration, voire sur l’intégration des primo-arrivants (rapport du député Aurelien Taché – février 2018), autant la question ici explorée n’est qu’indirectement dans le débat public (le rapport Borloo d’avril 2018 sur les « quartiers » était titré : « Pour une réconciliation nationale »). Trop ambitieux (19 programmes) ? Il a été largement (totalement?) ignoré par l’exécutif. On n’a retenu que les “emplois francs”
D’ailleurs aucune instance publique ne se préoccupe plus officiellement d’intégration, l’ancien Haut comité à l’intégration ayant été intégré dans les attributions du Défenseur des droits.

Quelques chiffres pour fixer l’enjeu.
Sans entrer dans le détail, la proportion des enfants d’immigrés dans les naissances augmente rapidement : les enfants d’au moins un parent immigré, qui comptaient pour 22% des naissances en 2000, approchent d’une sur trois aujourd’hui (33% en 2019).
Il est difficile de mesurer combien d’enfants ou petits-enfants d’immigrés sont convenablement intégrés ou pas dans la population française. En revanche les statistiques que nous venons de citer nous disent clairement que la population en risque de mauvaise intégration augmente rapidement.

L’échec scolaire, à la fois symptôme et menace.
Les résultats scolaires des enfants d’immigrés se sont dégradés au cours des dernières décennies. En France, l’écart de performance entre autochtones et enfants d’immigrés est plus fort que dans tous les autres pays de l’OCDE (surtout pour les garçons) et cet écart ne se résorbe pas, ainsi que le montrent les résultats 2018 des tests PISA trisannuels. Le score des élèves issus de l’immigration est inférieur de 52 points à la moyenne nationale contre 41points d’écart pour l’ensemble des pays de l’OCDE. Les jeunes issus de l’immigration sont au moins 2,5 fois plus susceptibles de figurer parmi les élèves en difficulté.

Le chômage, plus qu’un drame économique, une menace pour notre cohésion sociale.
le taux de chômage des personnes immigrées et des enfants d’immigrés est supérieur de 8 points au taux de chômage général, d’après une étude publiée par l’INED en 2016. Même si on corrige pour éliminer l’influence de l’âge, de l’éducation, du niveau de formation, du permis de conduire, de l’état de santé… leur taux de chômage présente encore un écart de 4 à 5 points par rapport au taux de chômage général.
Une part de cet écart s’explique par les préjugés et les discriminations à l’embauche. D’après le rapport 2020 du Défenseur des Droits le ressenti des discriminations est fort, 62% des personnes actives non blanches déclarent avoir été souvent ou très souvent confrontées à une discrimination dans l’accès au travail.

Des raisons d’espérer.
Nous côtoyons tous les jours de nombreux descendants d’immigrés parfaitement intégrés ou en voie d’intégration évidente. Certains d’entre eux sont même chefs d’entreprises, médecins, écrivains, comédiens, députés, ministres… La société française les accepte parfaitement, voire a une affection particulière pour eux ; sur les 20 dernières années, les plus cités sont : Yannick Noah, Jean-Jacques Goldman, Zinedine Zidane, Omar Sy.
Autre raison d’espérer de nombreux individus et associations œuvrent d’ores et déjà sur le terrain en faveur d’une meilleure intégration. Trop discrètement.
Le combat pour l’intégration existe, mais n’est pas assez connu, valorisé et soutenu.

Extrait du Manifeste “Immigrés pour toujours ?” du Club des Vigilants

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