◼◼◻ Page à enrichir

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Dernière modification le 20 mai 2022

Déplacements & Logement

s’accorder sur qui est bienvenu en France

Quelles réponses à long terme apporter à ce défi ?

  • Les Ukrainiens, de « vrais réfugiés » ?

On a expliqué le bon accueil des Ukrainiens par une proximité de culture, de religion, de couleur de peau… Il y a aussi le sentiment puissant de proximité que crée cette guerre. Ces facteurs jouent sûrement, mais on peut également l’expliquer par le fait que leur statut de victimes est clair. Leur malheur désarme la méfiance qui imprègne nos discussions sur l’accueil des étrangers. On peut les résumer en disant qu’une première dimension est de classer les étrangers qui arrivent en France en trois catégories,

  • Il y a ceux que la France accueille parce que c’est sa réglementation : notamment les touristes, les étudiants, ceux que souhaitent recruter des employeurs sur des emplois en tension, ou ceux qui rejoignent leur famille installée en France.
  • Il y a ceux que la France accueille parce que ce sont ses engagements internationaux sur la protection des mineurs et des réfugiés qui ont tout perdu, risquent leur vie dans leur pays et ont besoin d’un accueil temporaire.
  • Et d’autres enfin sont des personnes entrées clandestinement, ou à qui le statut de réfugié a été refusé et sont restées clandestinement.

On débat à l’infini de qui accueillir et comment, de savoir si la France est trop ou trop peu hospitalière. Mais une difficulté immense vient du classement entre ces catégories : comment évaluer si un candidat au statut de réfugié subit une menace vitale ? D’autant qu’il peut mentir sur cette menace ou même sur sa nationalité. Ce doute aggrave la méfiance qui frappe toujours et partout les étrangers. Cette méfiance est doublement destructrice:

  • Elle dégrade la qualité globale de l’hospitalité française : le candidat au statut de réfugié n’a jamais droit au bénéfice du doute, on lui interdit de travailler au cas où il serait finalement reconnu “faux réfugié”, celui qu’il convainc de sa bonne foi est soupçonné de faiblesse.
  • Elle dégrade aussi la cohésion nationale : les étrangers déjà accueillis ou leurs descendants peuvent être blessés du traitement de nouveaux arrivants auxquels ils s’identifient ; ou quand des autoproclamés “Français de souche” les renvoient brutalement à un statut “d’étranger”.

Les Ukrainiens, surtout des Ukrainiennes, qui arrivent en France font tomber notre méfiance, ils nous réconcilient parce qu’ils apparaissent à tous comme des “vrais réfugiés”, qui ont tout perdu et méritent notre hospitalité.

 

  • L’importance de clarifier rapidement les choses pour l’arrivant

Nous reviendrons sur une meilleure organisation du débat sur l’accueil des étrangers. Dans l’immédiat, tout ce qui peut réconcilier la communauté nationale sur cette question est bon à prendre. Que tirer de ce mouvement collectif positif d’hospitalité pour qu’il en reste quelque chose, puisqu’il y aura d’autres crises dans le futur, jetant sur les routes ou dans les trains d’autres réfugiés ?

Une première leçon est que cela se passe mieux quand cela se passe vite. La décision européenne d’accorder immédiatement à tous les réfugiés ukrainiens dans tous les pays de l’Union un statut unique de protection temporaire a été une immense clarification. Ce statut donne en France les mêmes droits que celui de demandeur du statut de réfugié, soit une allocation mensuelle d’environ 200€ (portée à 490€ si le réfugié n’a pas de toit) avec un droit supplémentaire essentiel, celui de travailler en France. Le demandeur “classique” du statut de réfugié a en effet interdiction de travailler pour 6 mois, ce qui l’oblige quasiment au travail clandestin. Une piste serait de donner le bénéfice du doute au demandeur du statut de réfugié et à sa famille, avec le droit au travail, ou mieux le droit au RSA (575€ par mois) comme en Allemagne, et comme il l’aura si le statut lui est reconnu : cela éviterait des premiers mois souvent dégradants en France et réduirait le travail clandestin. Une réponse pour clarifier qui a droit au statut de réfugié pourrait être une carte d’identité/passeport universel.

 

  • Faciliter l’hébergement par des particuliers riches ou pauvres

Une seconde piste serait de faciliter en France l’hébergement des réfugiés par des particuliers, car on traite aujourd’hui mal en France les demandeurs du statut de réfugié tout en dépensant beaucoup d’argent, avec des réfugiés SDF et d’autres en hôtel.. Aujourd’hui, le particulier qui accueille des réfugiés ukrainiens n’a droit à aucune prise en charge de ses dépenses, quand la Pologne accorde l’équivalent de 240€ par mois, et le gouvernement britannique 350 livres (420€) par mois aux personnes qui hébergent des réfugiés.

Une approche intéressante et différente est celle de l’Allemagne. Les autorités locales sont en charge de l’accueil et elles peuvent faciliter l’hébergement “chez l’habitant”, en cosignant un bail “à trois” entre le particulier qui ouvre un hébergement, le réfugié et la collectivité. Ce bail sécurise tout le monde, d’autant que le particulier peut demander que la collectivité lui verse directement le loyer, prélevé sur l‘aide sociale à laquelle a droit le réfugié.

Ces différentes approches ont un point commun : elles mettent le don le plus important (accueillir sous son toit) à la portée de tous : riches ou pauvres sont valorisés pour le geste qu’ils font, et compensés pour la partie matérielle. Les contacts directs entre la population et les réfugiés sont multipliés et enrichissent les deux communautés: un contact direct avec la population d’accueil stimule bien davantage l’intégration. Les coûts sont maitrisés avec une qualité d’accueil bien meilleure.

  • Les chiffres de l’immigration

Le débat de l’immigration est l’un des plus riches en statistiques controversées. Chacun se lance des chiffres à la tête. Certains sont cités en enrichissement à cette page et ne demandent qu’à être complétés. Au-delà, une réponse (discuté à propos de la statistique) serait de produire des chiffres non partisans sur l’impact de l’immigration.

 

qui a le droit de s’installer en France

une carte d’identité/passeport universel

faciliter l’hébergement des réfugiés par les particuliers

des chiffres non partisans sur l’impact de l’immigration

Enrichissements

E

Quelques chiffres sur les personnes immigrées en France

Enrichissements

E

Quelques chiffres sur les personnes immigrées en France