◼◻◻ Page à construire

Partager

Dernière modification le 14/03/2022 à 19:24

Sécurité

état (ou nation) providence

Quels défis consensuels tirer de ce thème ?

 

  • Etat providence, ou Nation providence ?

L’état providence désigne une collectivité nationale qui intervient activement dans les domaines sociaux et économiques pour assurer des prestations aux citoyens. Mais désigner cette solidarité nationale comme l’Etat providence pose en soi un problème. L’état, c’est le gouvernement plus les responsables de l’administration. Ce sont eux qui en effet organise les choses pour le compte des citoyens, dont il sont les représentants ou les salariés. In fine, il est plus clair de parler de Nation providence : c’est la nation toute entière qui organise les choses dans les différents domaines. Cela divise la collectivité que de donner l’impression que les responsables politiques ou administratifs sont les pivots du système, car leurs faiblesses, leur tendance à tirer la couverture à eux nuit à l’image des outils qui leur sont confiés. Sur R! nous essayons quand c’est possible de remplacer chaque fois que possible État par Nation.

 

  • Jusqu’où la Nation providence ?

Toute collectivité nationale est un état providence, depuis plus d’un siècle pour les pays riches, avec par exemple l’éducation obligatoire et gratuite : les États-Unis comme la Suède. Le débat porte sur le degré : jusqu’où la collectivité doit-elle intervenir dans les domaines sociaux et économiques ? Quelqu’un dira qu’il est contre l’état providence pour dire qu’il trouve que les prestations assurées aux citoyens sont trop larges.

L’ambition de la Nation providence est plus large que celle de la Nation redistributive, qui opère des transferts d’argent : des transferts voulus (généralement des plus riches vers les plus pauvres, mais pas forcément) ; ou masqués (du fait notamment du type d’impôts retenus). La Nation providence entraine aussi des transferts en argent (selon la façon dont le service est financé) ou en nature (si l’utilisation du service est différente selon les bénéficiaires).

En se concentrant sur la valeur marchande, le débat politique des démocraties riches s’est limité aux manques d’argent, compensé par des transferts d’argent, sans forcément voir qu’un don en l’argent peut compenser un manque d’argent, mais aggraver un manque de respect (voir politique). Un défi est de Rééquilibrer valeur marchande et valeurs morales dans le débat politique car ces valeurs morales aident à s’accorder sur ce qui est essentiel à une belle vie, et qui devrait être garanti à chacun avec les devoirs qui vont avec.

 

  • Les échecs de la Nation providence

Voir comment intégrer les éléments suivants :

Les échecs du RSA, d’après un rapport de 2022 de la Cour des comptes

Perçu par seulement 70% des ayant-droit, par manque d’info, complexité, stigmatisation

Pas d’automatisation car le RSA est censé venir en contrepartie d’un engagement, celui de rentrer dans un contrat d’accompagnement ; mais 60% des bénéficiaires n’en ont pas 1 validé : donc moins de 30% des ayant-droit ont un contrat

Le contrat d’accompagnement n’est pas efficace : après 7 ans, un tiers seulement des bénéficiaires a un emploi, et 10% a un emploi stable. 15% des bénéficiaires sont dans le RSA depuis plus de 10 ans.

L’échec d’une « aide » qui stigmatise sans permettre de recoller au peloton est général. En matière de sélection urbaine (multiples initiatives banlieues) ou de sélection scolaire (Zep et Zep+ de l’éducation nationale).

Une expérience intéressante à Toulouse-Mirail, où on a profité de la destruction de collèges Zep dans une rénovation urbaine pour inscrire les enfants dans les « bons collèges » autour : après quelques années les résultats semblent excellents.

La logique de sélection individuelle peut être perverse. Chacun a ses raisons à son niveau, mais le résultat est mauvais pour l’unité collective. Les parents ont raison individuellement de choisir un “bon collège”, les enseignants aussi, mais du coup, même avec des moyens supplémentaires et 40 ans d’efforts, on recule.

L’expérience du Mirail s’est appuyée sur une mixité plafonnée dans chaque classe. C’est probablement un paramètre déterminant : pour assurer un bon effet d’entrainement et pour rassurer les parents et les enseignants. L’expérience avait sûrement des animateurs très motivés mais aussi l’opportunité de la fermeture d’équipements dans la cité et le fait que ce soit la même ville.

Comment faire ailleurs ? Une première réponse tentante ne résout rien : supprimer les concepts Zep et Zep +. Une seconde réponse plus radicale est de supprimer les établissements eux-mêmes et d’appliquer la stratégie du Mirail : Bulldozer + Bus !

Est-ce qu’un « busing à l’américaine » comme au Mirail pourrait être une réponse à la ségrégation scolaire MALGRE la ségrégation urbaine ? On voit assez bien les arguments pour les parents de la cité, il faut travailler ceux pour les parents de la zone favorisée…

Enrichissements

Enrichissements