Dernière modification le 8 septembre 2021

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Une présentation simple de l’argent et de la finance

 

Les spécialistes parlent de finance, les autres parlent d’argent : un outil symbolique pour échanger facilement des biens ou des services et garder leur valeur “pour plus tard”. Je propose de l’argent en échange d’un bien ou d’un service et l’autre l’accepte parce qu’il sait que les autres l’acceptent aussi. Le symbole est de moins en moins des pièces et des billets et de plus en plus des enregistrements informatiques faits par des banques, c’est-à-dire des institutions autorisées par la collectivité.

  • Les banques remplissent un rôle essentiel en permettant à chacun d’échanger facilement avec tous les autres, avec le risque qu’une personne privée de compte bancaire (avec sa carte et son carnet de chèques) se retrouve coupée des autres.

La finance permet d’utiliser de l’argent qu’on n’a pas encore grâce au crédit. Elle permet aussi d’échanger son argent contre un placement, dont on espère qu’il rapportera plus que de l’argent en banque. Un crédit comme un placement représentent un pari pour les deux partenaires (vais-je pouvoir payer ce à quoi je me suis engagé ? Vais-je recevoir l’argent que j’espère ?). Ils sont largement le monopole de banques autorisées expertes, pour limiter les risques considérables pour les particuliers, pour les entreprises, pour les banques et finalement pour toute la collectivité :

  • Si des banques font faillite et enclenchent une crise financière, beaucoup peuvent perdre leur argent, provoquant une crise de confiance.
  • Les banques, en distribuant des crédits, distribuent des opportunités aux personnes qui empruntent, avec un double risque, pour la banque qui ne serait pas remboursée, et pour l’emprunteur incapable de rembourser.
  • Chaque crédit et chaque placement correspond à un projet particulier. Ensemble, ces projets sont l’avenir de la collectivité avec le risque que ce que dessine cet avenir ne soit pas dans l’intérêt collectif.

La puissance acquise en quelques dizaines d’années par les banques commerciales est en soi un problème pour l’intérêt collectif car certaines apparaissent désormais plus fortes que les autorités politiques et capables de faire des erreurs à leur échelle donc immenses. Elles sont infiniment complexes : une grande banque se voit confier par la collectivité à la fois la gestion des comptes bancaires, des placements, des marchés financiers, des crédits, et donc la création d’argent (la création monétaire, comme disent les spécialistes, est désormais alimentée par les crédits et déléguée aux banques marchandes). Leur puissance attire la convoitise d’intérêts particuliers puissants, notamment les entreprises du numérique, comme le montrent les multiples monnaies privées souvent appelées cryptomonnaies.

  • Le politique n’a plus l’autorité technique et politique pour contrôler que les grandes banques commerciales exercent le monopole que leur confie la collectivité dans l’intérêt collectif.

La gestion de la monnaie par la collectivité (la “politique monétaire” pour les spécialistes) est confiée à des banques centrales. Elles sont devenues des institutions publiques extrêmement puissantes pour une raison simple : le débat politique s’est depuis une quarantaine d’années concentré sur la valeur marchande amenant les pouvoirs publics à viser en priorité la croissance marchande ; la politique monétaire est présentée par les spécialistes comme le levier le plus efficace sur la croissance ; et elle redistribue des sommes d’argent gigantesques qui stimulent les intérêts particuliers.

  • Ces sommes sont très mal connues et ne sont pas pilotées. Elles enrichissent semble-t-il les plus riches.

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Enrichissements

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