Dernière modification le 17 mai 2022
argent et finance
Quels défis consensuels tirer de ce thème ?
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A quoi sert l’argent ?
L’argent (ou la monnaie*) est un symbole que me donne quelqu’un à qui j’ai rendu service, en reconnaissance de ce service. Ce n’est qu’un outil, mais il est formidablement puissant pour organiser la coopération entre les personnes. Les collectivités traditionnelles fonctionnent sans argent, avec des mécanismes qui peuvent être très efficaces, par exemple à l’intérieur d’une famille. Des tâches sont négociées entre les membres, des services sont rendus, et la reconnaissance reste personnelle, dans les mémoires des participants : je te rends service parce que tu m’as rendu service, à moi ou à quelqu’un que je connais assez pour rentrer en compte. “Je te dois”. C’est puissant, mais sur un petit cercle personnel seulement. C’est très flou et peut être finalement très contraignant : je peux ne jamais être vraiment quitte de ma reconnaissance. A l’échelle d’un pays, il n’y a pas le choix, l’utilité de l’argent est formidablement puissante puisqu’il remplace la confiance personnelle, et l’étend à tous les autres membres de la collectivité : l’argent que m’a donné un membre me permet d’obtenir une quantité précise de n’importe lequel des services que proposent les autres membres de la collectivité.
*(Une présentation simple de la monnaie et de la finance est proposée et discutée sur un Enrichissement de cette page.)
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La méfiance dans la monnaie détruit une collectivité
L’argent ne sert pas simplement pour passer d’un service que j’ai rendu à un service dont j’ai envie. La reconnaissance symbolique qu’il représente garde tout ou partie de sa valeur dans le temps, et je peux garder “pour plus tard” (= épargner) la reconnaissance du travail que j’ai accompli, comme une réserve de sécurité pour demain et pour les années futures. Ce n’est qu’une sécurité partielle : si ma collectivité s’effondre, ou si la monnaie change, ma reconnaissance ne vaudra plus rien. Il y a une contrepartie à une monnaie que tout le monde accepte, c’est que tous les échanges de la collectivité se bloquent dès qu’on perd confiance dans la monnaie : d’où le défi que l’argent garde sa valeur. (Voir aussi le thème des prix, pour les problèmes et les défis qu’ils posent).
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L’accès de chacun à un compte bancaire et à ses services
L’argent prend aujourd’hui la forme (pour l’essentiel) d’inscriptions numériques sur des comptes tenus par des banques qui ont le monopole de ce service. Ce compte bancaire, avec sa carte et son carnet de chèques, est un service essentiel pour l’inclusion dans la collectivité, puisqu’il permet à une personne d’échanger facilement de l’argent, donc des biens et des services, avec toutes les autres dans sa communauté. Une personne privée de compte bancaire se retrouve coupée des autres. D’où le défi de l’accès de chacun à un compte bancaire et à ses services.
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Des crédits : combien et pour qui ?
Les banques ont également le monopole de la distribution des crédits. Un crédit permet d’obtenir de l’argent, sans avoir encore rendu le moindre service. Il est l’un des moyens pour la jeune génération de démarrer avec l’argent suffisant pour trouver un travail, un logement… ; pour faire face temporairement à des accidents de la vie ; pour lancer une entreprise. C’est l’un des moyens, car l’assurance ou l’épargne peuvent être d’autres solutions. Le crédit présente deux dangers :
- il encourage l’irresponsabilité de la banque ou de l’emprunteur,
- il aggrave les écarts de richesse au sein de la collectivité : pour ceux qui ont déjà un capital financier, relationnel, culturel, un crédit est une opportunité de développer encore ce capital ; pour ceux qui n’ont pas ce capital, un crédit peut être le début d’une dépendance et d’une dégringolade vers le surendettement.
Un défi serait une distribution prudente et équitable des crédits.
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Crédits et investissements : pour quoi faire ?
Les banques ont largement le monopole des placements, c’est-à-dire de l’argent investi par quelqu’un dans le projet de quelqu’un d’autre. Les projets acceptés (ou refusés) par les banques à travers les crédits et les placements dessinent largement à quoi ressemblera la France demain et au-delà. ll est important que cette image corresponde à l’intérêt collectif et à l’image que la collectivité se fait de son avenir : que par exemple les crédits et les placements aillent plutôt à la transition énergétique qu’à des surcapacités pétrolières. Un défi serait que l’utilisation des crédits et des placements respecte l’intérêt collectif.
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L’innovation financière sous contrôle
Comme gestionnaires de services d’intérêt collectif essentiels, les banques sont contrôlées par les autorités publiques, mais ce contrôle n’a pas suivi l’explosion du secteur financier. Ces 40 dernières années, la finance a été le premier secteur d’innovation, avec les télécommunications et internet. Les résultats ont été prodigieux pour les opérateurs financiers, plus discutables pour l’intérêt collectif.
- Hier, la crise financière de 2008 a été largement due à des innovations financières mal comprises et mal maitrisées.
- Aujourd’hui, de nouvelles innovations autour de monnaies privées souvent appelées cryptomonnaies mobilisent des intérêts marchands énormes et paraissent mal comprises et mal maitrisées.
- La puissance et la complexité acquises par les plus grandes banques commerciales sont un problème pour l’intérêt collectif. Elles se voient confier par la collectivité à la fois la gestion des comptes bancaires, des placements, des marchés financiers, des crédits, et donc la création d’argent. Elles apparaissent désormais plus fortes que les autorités politiques et capables de faire des erreurs à leur échelle, c’est-à-dire gigantesques.
Un défi serait que les autorités publiques n’autorisent que la finance qu’elles sont sûres de parfaitement contrôler.
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Pour quoi ou qui, les gains déclenchés par les banques centrales
Les autorités publiques financières les plus puissantes sont les banques centrales (pour la France : la banque centrale européenne). Elles sont en effet considérées par beaucoup d’économistes comme le moyen le plus efficace de pousser la croissance marchande. Leurs décisions redistribuent des sommes d’argent gigantesques entre les personnes, sans mesure ni contrôle de qui reçoit quoi. Ces sommes enrichissent semble-t-il les plus riches et pourraient affaiblir la cohésion et nuire à l’intérêt collectif. Un défi serait que l’argent distribué par les décisions des banques centrales respecte l’intérêt collectif.
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Le lien entre argent et travail
L’argent est la reconnaissance d’un service et ce service est en général un travail ou le résultat d’un travail. L’argent caractérise le travail (entendu dans sa dimension collective) : une même activité peut être un travail rémunéré, ou une activité non rémunérée qu’on définira alors souvent comme un loisir. Dans un cas, l’activité a une dimension collective, puisqu’elle peut être échangée contre n’importe quelle activité rémunérée d’une personne de la collectivité.
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Manquer d’argent, est-ce un problème d’intérêt collectif ?
L’argent complète la confiance personnelle pour obtenir ce dont j’ai besoin. Quand il a pris une telle place qu’il remplace la confiance personnelle, le danger est que, sans argent, je risque de n’avoir la confiance de personne. Manquer d’argent pose alors un problème existentiel, on n’a plus droit à rien. Discuté ailleurs à propos des pauvres et des riches?).
Voir aussi le défi Protéger les trop faibles des jeux d’argent
Enrichissements
Enrichissements
Discussions
4 étapes successives : des problèmes d’un thème aux actions immédiates possibles
1- Constats 2- Défis 3- Réponses 4- Actions
