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Dernière modification le 08/04/2022 à 09:40

Ressources de la Terre

croissance et décroissance

Quels défis consensuels tirer des questions posées par ce thème ?

 

  • Le faux débat de la croissance et de la décroissance

Un débat animé oppose tenant de la croissance et de la décroissance. Ce débat ne peut pas aboutir tant qu’on ne dit pas de quelle croissance on parle. Croissance veut seulement dire que quelque chose augmente. La croissance sera une bonne chose si ce qui augmente est bon, et une mauvaise chose si ce qui augmente est mauvais. Et donc il faut nous mettre d’accord sur ce qu’on mesure, et si c’est bon ou mauvais.

 

  • La croissance considérée comme la mesure du progrès

Derrière le débat sur la croissance, on trouve un autre débat sur la croissance telle que la mesure l’économie, le PIB ou produit intérieur brut. C’est une mesure séduisante parce qu’elle affirme prendre en compte TOUT, tout ce qu’on utilise : ce que nous avons acheté sur un marché est pris à sa valeur marchande ; ce que nous recevons gratuitement à travers les impôts, comme l’éducation ou la santé, et à travers la publicité sur internet est pris à la valeur marchande de ce qu’il a fallu pour le produire. On peut donc parler de mesure marchande de la croissance.

On a longtemps pensé que cette mesure donnait une mesure générale de l’activité humaine, et finalement du progrès : la collectivité va bien si son PIB augmente, elle va mal si son PIB diminue (les économistes parlent de récession). Le PIB est devenu un standard pour l’action collective, et un objectif pour les politiques : c’est d’ailleurs l’un des signes du poids dominant de la valeur marchande dans nos sociétés.

 

  • La croissance marchande et l’équité

Une critique ancienne de cette mesure est qu’elle ne regarde pas qui reçoit quoi : la croissance sera la même qu’elle a aille à chacun ou à quelques-uns seulement. La question de l’équité des distributions est pourtant essentielle pour la cohésion d’une collectivité. La réponse des économistes a été de dire que la mesure restait bonne SI on faisait derrière une redistribution, en prenant à ceux qui avaient trop, et en donnant aux autres.

La difficulté est que ces décisions de redistribution sont les plus difficiles pour une collectivité : elle peut se déchirer en redistribuant, et se déchirer aussi en ne redistribuant pas. Les mécanismes marchands amènent les gagnants à gagner de plus en plus et c’est ce qu’on semble observer depuis une quarantaine d’années (ces problèmes et les défis qu’ils posent sont discutés à propos du marché).

Le défi est d’introduire des éléments d’équité dans la valeur marchande pour limiter les flux de redistribution et leurs frictions.

 

  • Quand la croissance marchande est un recul

On a progressivement découvert un autre problème : un euro de PIB peut être un progrès ou un recul de la qualité de nos vie, selon la qualité des productions qu’il y a derrière, qui n’est pas mesurée. Par exemple, leur impact sur la viabilité de la Terre pourra être très positif ou très négatif ; même chose pour la qualité et la richesse du travail de ceux qui le produisent. Ces défauts de l’instrument de mesure provoquent des erreurs graves dans toutes nos décisions collectives, dont certaines se voient immédiatement, mais dont les plus graves ne se voient que longtemps après. Si on reprend les deux exemples donnés,

  1. Un travail pourra n’apparaitre comme appauvrissant que 20 ans ou 30 ans après, quand la personne découvre qu’à force d’effectuer toujours les mêmes tâches, elle est incapable d’exercer un autre travail si le sien disparaît.
  2. Une production peut n’apparaitre dangereuse pour la vie sur terre que 150 ans après : c’est la découverte que le GIEC fait depuis plus de 30 ans à propos du réchauffement climatique, et qui risque de se reproduire ailleurs, avec la croissance de l’empreinte humaine sur Terre.

Nous savons cela, mais nous n’avons pour l’instant rien à mettre à la place du PIB et de la valeur marchande. Et comme la nature a horreur du vide, la valeur marchande restent la mesure dominante pour toutes nos décisions.

Le défi est d’inventer une mesure commune du progrès humain qui synchronise nos efforts et qui remplace la valeur marchande.

une mesure commune du progrès synchronise nos efforts

l’économie intègre l’équité pour limiter la redistribution et ses frictions

Enrichissements

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