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Dernière modification le 19/11/2021 à 16:05

décisions collectives, discussions et votes

Quels problèmes d’intérêt collectif posent les décisions collectives, les discussions et les votes pour y parvenir ? Quels défis mobilisateurs en tirer ?

 

  • Le vote est peu satisfaisant quand c’est vraiment important.

Une décision à plusieurs peut se prendre par vote, ou par accord ou voter (avec des combinaisons possibles entre les deux). Le vote est beaucoup plus simple et rapide, mais il peut violer profondément l’intérêt collectif.

Une bonne décision, que ce soit par accord ou par vote, suppose d’abord une discussion dans laquelle on va échanger sur les objectifs et les réponses possibles : très souvent, un accord se fera sur une réponse qui n’avait pas été imaginée au départ, alors qu’un vote va rater en général ces bons compromis parce que les majoritaires sont vite sûrs de leur coup et écoutent moins bien les bonnes idées des minoritaires. Le vote divise : les perdants vont traîner des pieds. Le vote est même carrément injuste si des minoritaires sont lésés sur des choses essentielles. D’où l’importance en politique de privilégier l’accord dès que des décisions importantes sont en jeu. (reste à formuler le défi correspondant ?)

 

  • Le vote peut s’imposer quand il y a urgence

Un accord est difficile en cas d’urgence : les tâtonnements sur la Covid 19 l’ont bien montré. Il faut des votes rapides ou même déléguer la décision à une personne ou un petit groupe de personnes. D’où la tentation des majoritaires d’invoquer l’urgence pour se libérer des discussions avec les minoritaires, qui le prennent bien sûr mal et crient à la dictature. Un défi serait de se mettre d’accord sur des règles de décision non partisanes et provisoires en cas d’urgence nationale.

 

  • Des valeurs communes

Dégager un accord sans imposer un vote est plus difficile si chaque décideur reste enfermé dans son intérêt particulier et si les décideurs ne partagent pas entre eux des valeurs communes (souvent reprises dans la constitution nationale). Les difficultés et les défis liés à ces valeurs collectives communes sont discutés ailleurs.

 

  • Apprendre à négocier

Une bonne décision collective est précédée d’une discussion, et c’est généralement le cas, sauf que beaucoup de discussions ne cherchent pas du tout à arriver à un accord : ce sont des discussions duels et pas des discussions négociations. Le but n’est pas du tout de se mettre d’accord mais de l’emporter sur l’interlocuteur et de convaincre l’auditoire. Dans une discussion duel, chacun cherche ce qui peut blesser l’autre (“l’adversaire”) et renforcer sa main. Cette forme de discussion domine dans notre éducation, dans notre façon de faire de la politique, et de plus en plus sur les plateaux télé. Elle repose sur le plaisir de l’affrontement, par l’éloquence ou par l’intimidation, avec des vainqueurs et des vaincus. Elle a sans doute remplacé le duel à l’épée qui a décimé les élites françaises pendant plusieurs siècles. Un défi serait que tous les jeunes demain comprennent la différence entre les deux discussions, et qu’ils sachent et aiment communiquer et se mettre d’accord.

 

  • Comment discuter à l’échelle d’un pays ?

Une douzaine de personnes, un groupe d’ami, les membres d’un conseil négocient naturellement entre eux des solutions sans jamais voter, ou presque. Les relations de respect entre les personnes font que les majoritaires n’abusent pas de leur force et que les minoritaires évitent de bloquer la décision. Dès que le nombre augmente, c’est beaucoup plus difficile. Un défi serait d’obliger nos parlementaires à des discussions négociations visibles de tous. Un autre défi est d’inventer des discussions négociations à grande échelle, plus large qu’un parlement.

 

  • Défense de la minorité plutôt que défense des minorités

Des mécanismes qui défendent la minorité, quelle qu’elle soit et sur n’importe quelle décision, sont plus simples et plus efficaces que des mécanismes qui défendent une minorité en particulier, qui sapent l’unité nationale. D’ailleurs beaucoup de dictateurs font souvent valoir à “leurs minorités” qu’ils sont leur bouclier, alors que cette protection peut attiser au contraire la haine et diviser les citoyens entre eux. (voire discriminations ; on retombe sur une méthode d’intégration “par la citoyenneté” plutôt que sur une méthode “par l’organisation des minorités pour peser sur les autorités”.)

 

(Les principes des discussion dans R! s’inspirent de ce qui est discuté ici.)

 

Cette page est une ébauche, n’hésitez pas à la commenter/critiquer dans l’espace de discussion ci-dessous. Chaque défi déjà identifié est discuté directement sur sa propre page.

Etapes liées

2

S'accorder sur les règles de décision en cas d'urgence nationale

2

Obliger les parlementaires à la discussion négociation

2

Inventer des discussions négociations à grande échelle

2

Chaque jeune sait et aime communiquer et négocier

Enrichissements

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