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Dernière modification le 23/06/2022 à 16:24

Ressources de la Terre

la Terre

La transition énergétique est discutée sur le thème Énergie et la transition climatique sur le thème Climat.

 

  • Nous (re)découvrons que nous sommes fragiles…

La communauté scientifique nous dit que des actions indispensables à notre vie, à la production de nourriture par exemple, ou d’énergie, mettent en danger la viabilité de la Terre pour notre espèce, à travers le dérèglement climatique, la disparition de la biodiversité (discutée à propos de l’amour de la nature), ou le manque de matières premières. Ce n’est pas nouveau : avant nous, la plupart des civilisations ont fait face à des menaces terribles comme le manque d’eau. Elles ont dû construire leur organisation sociale autour de cette contrainte, ou disparaître. La nouveauté est que la menace ne vient plus de ce que fait localement par chaque collectivité, mais de ce que chacun fait partout sur Terre : une menace globale, comme le Covid 19, mais qui vient de nos propres comportements.

 

  • Nous sommes trop nombreux à parler à la place de la Terre

Dans cette discussion sur la viabilité de la Terre, une première difficulté est que chacun a son avis sur ce qu’il lui faut. Le résultat est une cacophonie partisane et marchande, où on mélange allègrement l’intérêt de la Terre et nos intérêts humains particuliers. Pour assurer le respect de la Terre, les premières sociétés en faisaient leurs dieux et leurs déesses. Puis l’occident a inventé des dieux à l’image humaine (masculine). Pour entendre à nouveau sans parasite ce que la Terre a à nous dire, un défi serait de lui donner une voix indépendante en la reconnaissant (juridiquement) comme une personne.

 

  • L’économie ignore encore la Terre

L’économie et sa mesure de nos activités pilote désormais nos débats collectifs et nos activités individuelles, puisqu’elle nous dit ce qu’on peut consommer (c’est ce qu’on peut se payer), ce qu’on peut produire (c’est ce qui rapporte plus que ça ne coûte) et à quoi ressemblera demain (c’est ce qui se finance en dégageant un bon rendement financier). Mais ses messages sont trompeurs puisque l’économie ignore ce que nous apportons ou que nous enlevons à la Terre, ou (pour utiliser le langage économique)  comment nous modifions le “capital Terre” que nous ont laissé nos parents et que nous transmettrons à nos enfants. Pour clarifier la qualité de notre relation à la Terre, un défi serait de la reconnaître comme un acteur et un partenaire économique et de la mettre DANS le fonctionnement économique et pas à côté. (Cette comptabilité économique-écologique aiderait à répondre à un autre défi discuté à propos des entreprises, celui de synchroniser l’action des entreprises avec l’intérêt collectif).

 

  • La démocratie doit s’adapter à un partenariat avec la Terre

La prise en compte de la Terre comme partenaire pose des problèmes redoutables à la politique telle que nous la conduisons aujourd’hui : partisane et à court terme. Pour construire un partenariat avec la Terre, on ne raisonne pas sur les cinq ans d’un mandat présidentiel, mais sur le très long terme. Et l’alternance n’a pas vraiment de sens car c’est des engagements très longs qu’il faut prendre et tenir. Le défi serait de savoir nous engager collectivement sur plusieurs générations.

Le train-train des COP laisse le sentiment que personne n’ose dire clairement qu’il y a urgence nationale, c’est-à-dire une priorité absolue qui nécessite une mobilisation de toute la collectivité nationale autour de règles du jeu exceptionnelles, qui réduisent les droits individuels et augmentent les pouvoirs de la collectivité : cela pose le défi de s’accorder sur ce qu’entraine une urgence nationale en le transposant à la viabilité de la Terre.

  • Entendre les jeunes

Une incertitude considérable porte sur la technologie : des technologies nouvelles nous aideront sans doute à mieux résoudre demain les problèmes environnementaux qu’aujourd’hui. Mais quand, comment ? Le débat éternel entre technophiles et technophobes ressurgit, entre ceux accusés de ne pas faire assez confiance à la technologie et ceux accusés de lui faire au contraire trop confiance.  Impossible d’en sortir sans poser clairement la question en terme d’héritage transmis par une génération à la suivante : quels problèmes et quelles ressources laissons-nous aux générations suivantes ? Prenons l’exemple du gaz, une énergie très bon marché dont on ne sait pas aujourd’hui capter le CO2 quand on le brûle, et qui donc réchauffe la Terre : est-ce qu’on laisse la richesse potentielle de ce stock de gaz à une génération qui saura en tirer le meilleur, ou est-ce qu’on le brûle tout de suite ? Le défi serait de décider les choix engageant la Terre en termes de justice entre générations. C’est d’ailleurs le cri de beaucoup de jeunes à des dirigeants plus âgés : vous sacrifiez notre génération à votre confort. 

 

  • Faire d’une contrainte une opportunité

Si dans 30 ans nous aimons les mêmes choses qu’aujourd’hui le sacrifice sera immense, mais il n’y a aucune raison pour cela. Notre capacité à contourner les contraintes vient beaucoup de notre capacité à changer dans nos goûts et nos priorités. Si on appelle « addictions » ce qui nous plait et qui nous fait du mal, et « passions » ce qui nous plait et nous fait du bien, il faut arriver à canaliser autrement nos passions, et à définir autrement nos addictions.

A ajouter : le défi du partage équitable du risque climatique, pour arriver à un équilibre entre les investissements de prévention et d’adaptation. Les plus riches sont les plus capables d’investir dans l’adaptation, ce qui réduit les moyens de la prévention. Avec la réponse de mettre en place un mécanisme d’assurance universel entre les pays ?

A ajouter : comment faire du dérèglement climatique une catastrophe mobilisatrice (lien avec le numéro R! Actualité Don’t look up)

la Terre a une voix

l’économie intègre le patrimoine Terre

nous savons décider collectivement à long terme

décider du patrimoine Terre en respectant la justice entre génération

s’accorder d’avance sur ce qu’entraine l’urgence nationale

un consensus scientifique sur la biodiversité

plus une entreprise est puissante, plus elle se synchronise avec l’intérêt collectif

Enrichissements

Enrichissements