Dernière modification le 25 mars 2022
La place de l’autorité et des élites
Quels défis consensuels tirer de ce thème ?
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L’autorité est partout remise en cause
L’autorité est le pouvoir de commander et de se faire obéir. Elle contraint la liberté individuelle, mais elle lui permet aussi de s’exprimer : le développement personnel a besoin d’un cadre pour se construire. Dans des décisions collectives, la désignation d’une autorité évite la violence du rapport de force ; ou la négociation, réservée à ce qui en vaut la peine, parce qu’elle prend du temps et de la charge mentale. Toutes les autorités souffrent depuis cinquante ans :
Le développement fantastique de l’éducation, de l’information, et l’esprit critique qui va avec, a rendu beaucoup d’autorités moins légitimes : le citoyen accepte moins que l’élu décide de tout, le patient vérifie ce que lui dit son docteur et les couples vivent de plus en plus comme des “binomes”‘. La complexité croissante du monde et de nos savoirs font qu’un parent, un politique, un maitre, un médecin, sont plus conscients de la fragilité de leur pouvoir ou de leur savoir.
La remise en cause des autorités alimente un rejet des élites, discuté ailleurs.
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La tentation de l’autoritarisme
Dans un moment où les élites sont mises en cause, la concentration de l’autorité peut séduire : elle met sous contrôle les rivalités de pouvoir. Mais la concentration de l’autorité entre peu de personnes a plusieurs inconvénients du point de vue de l’intérêt collectif :
- Cette concentration déresponsabilise la majorité des gens et fait perdre une partie de l’expertise et de l’expérience collective, de plus en plus répartie dans nos sociétés.
- Elle crée un clivage entre ceux qui décident et les autres, avec des risques de condescendance d’un côté, d’humiliation, de révolte, de ressentiment ou d’obéissance de l’autre.
- Elle alimente les conflits d’intérêt, quand tout se passe dans un petit groupe concentrant ces intérêts, et provoque donc des injustices.
Cette concentration est discutée ailleurs à propos du monde politique, avec le défi de la possibilité pour chacun de participer aux décisions nationales. Et elle est discutée ailleurs à propos du monde marchand, avec le défi d’assurer aux salariés et aux financiers des droits et devoirs équitables dans la conduite d’une entreprise. Dans ces différents cas, l’autoritarisme (solution habituelle d’une autorité déstabilisée) est une fausse solution à long terme.
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La tentation du charisme
Beaucoup de définitions du charisme, beaucoup d’exemples, du saint à l’escroc, du marketing à la politique. Mais un accord sur les conséquences du charisme, celui de neutraliser la capacité de jugement, et donc l’esprit critique.
C’est un danger, et la négation de tous les efforts de siècles d’éducation au jugement individuel.
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Des autorités modestes et réparties ?
L’enjeu concerne tous les domaines collectifs d’exercice de l’autorité. D’abord le personnel politique, mais également les scientifiques, les employeurs, des titulaires d’un contrat commercial … Trouver un nouveau contrat, un nouveau partage de l’autorité entre les membres de la collectivité (la nation, l’école, l’entreprise) et les personnes revêtues d’une autorité particulière au sein de cette collectivité. Inventer l’autorité collective, comme il y a une intelligence collective, et pour stimuler cette intelligence collective. Cela passe notamment par le défi d’une modestie des dépositaires de l’autorité.
Et un défi à formuler comme celui d’autorité répartie (ou diffuse, ou une autre formulation ?).
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Rejet des élites ou rejet des autorités ?
La France, comme démocratie, est née du rejet d’une aristocratie, au sens d’un petit groupe de personnes détenant l’essentiel des pouvoirs dans la conduite des affaires du pays, les transmettant à leurs enfants, et coupés des autres membres de la collectivité. Un débat aujourd’hui accuse “les élites” d’avoir toujours le pouvoir : nous aurions remplacé une aristocratie par une autre. Ce rejet des élites est dangereux pour la cohésion d’une nation, qui a besoin d’un régime consensuel de récompenses et de peines selon que des comportements sont conforme à l’intérêt collectif ou pas.
Mais ce sont surtout les autorités, les élites de pouvoir, celles qui disposent d’une autorité importante qui sont mises en cause. Les problèmes liés à l’autorité elle-même sont discutés sur ce thème, avec le défi que toute les autorités sont soumises à une exigence de modestie.
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La peur de la sélection et du rejet
Il y a deux types de sélection : le prix et le tri. Le prix va honorer une performance particulièrement impressionnante. C’est une sélection motivante qui encourage à se dépasser et dégage une élite des honneurs. Le tri suppose que la situation de certaines personnes va être plus favorable que celle d’autres et dégager une élite du pouvoir. Le mécanisme de sélection s’est considérablement renforcé, notamment dans l’éducation et sur le marché du travail, avec des effets pervers de division de la société (voir le numéro consacré à Squid Games).
La concentration de l’autorité vient aussi d’un alignement plus grand du politique sur le marchand, du fait du poids croissant de la valeur marchande dans le champ politique,
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Valeur et limites de la légitimité du diplôme
Quand certains dénoncent une nouvelle aristocratie, une “noblesse d’école”, ils observent la place qu’a prise le diplôme dans notre organisation : un titre qui n’est plus donné par le souverain mais par des filières d’éducation supérieure. Le diplôme est devenu à la fois la discrimination la plus lourde et celle que personne ne remet en cause, même les sans diplômes. Au fur et à mesure de l’extension de l’enseignement supérieur, des filières d’élite ont permis de maintenir ce qui est indispensable à une aristocratie : un nombre faible. Cette question est discuté ailleurs, et amène notamment au défi de se passer des filières d’élite généralistes. Le problème est finalement de faire dire à un diplôme plus qu’il n’en dit en risquant de déboucher sur une loi du plus fort où le cerveau remplace les muscles.
Ce poids du diplôme se retrouve dans la sélection de l’élite politique : tous nos représentants politiques ou presque sont diplômés du supérieur, avec une sur-représentation des filières d’élite ; ils parlent et décident pour 70% de non diplômés du supérieur, qui n’ont eux aucune chance de participer. Cette cassure du diplôme est un élément de l’éloignement entre représentants et représentés, discuté ailleurs sur politique et conduisant au défi que chacun et chacune ait confiance dans ses représentant(e).
Enrichissements
Enrichissements
Discussions
4 étapes successives : des problèmes d’un thème aux actions immédiates possibles
1- Constats 2- Défis 3- Réponses 4- Actions
